Portrait du père Henri Bassez

Journal Partages de décembre 2012

“On n’est pas chrétien tout seul”
Le 23 septembre a eu lieu le changement d’hommes : Emile Reyns va continuer à Lomme un ministère de prêtre retraité, Henri Bassez nous arrive de Leers et devient le curé de la paroisse Sainte-Thérèse de l’enfant Jésus, à Lezennes et Hellemmes. Faisons connaissance avec lui.

“Participer, accompagner…”
“Ce que je viens faire ici ? D’abord participer à ce qui se fait ! Je ne viens pas avec un programme ou de grands projets, mais pour accompagner. Et proposer aux gens de s’accompagner les uns les autres. On n’est pas chrétien tout seul.”
La possible fusion avec la paroisse de Fives, le local près de Saint-Sacrement occupé par des Roms, les attentes des paroissiens, les zones enclavées (l’Epine, le Pavé du Moulin), l’église Notre-Dame de Lourdes sans messe ? “Je découvre.” Lezennes ? “J’étais présent aux inscriptions au catéchisme ; j’ai rencontré des catéchistes, des parents.” La messe dominicale : “Je vais dire bonjour à tout le monde. Pour ceux qui le souhaitent, je propose la communion sous les deux espèces, le pain et le vin aussi, qui est le sang de Jésus-Christ. Et la bénédiction finale est demandée à Dieu tout-puissant d’amour, car Dieu est avant tout amour.”
“Quant à l’oecuménisme, j’ai déjà rencontré Pierre Usal, responsable de la paroisse réformée de Fives, et j’apprécie d’avoir travaillé avec le pasteur (de Roubaix) Frédéric Fournier.
J’ai bien envie de participer à ce qui est proposé ici.”
“Accueillir”
“Pour ceux qui se sentent marginalisés par l’église, homosexuels, divorcés… on fait ce que Jésus fait dans l’Evangile : on les accueille ! Et on essaie de cheminer ensemble.”
“Le pardon, c’est un gros truc qu’on a beaucoup de mal à vivre aujourd’hui. Je suis partisan de célébrations communautaires du pardon, même s’il y a à recevoir et vivre personnellement le pardon, mais c’est avec d’autres qu’on peut probablement mieux le reconnaître.”
Curé “ au service de la communauté”
“Le prêtre vient au service d’une communauté. Ce n’est pas le chef ! Il est là pour accompagner ; il est signe de la communion. L’Eglise n’existe pas si elle n’annonce pas l’Evangile et si elle n’est pas au service, en particulier des plus pauvres.”

Propos recueillis par Jean-François Bonhomme

Son parcours

La formation de Henri Bassez
Henri, prêtre depuis le 8 mai 1977, a 66 ans. Il est né à Armentières dans une famille de sept enfants. Sur les traces de son père professeur de construction à l’école nationale supérieure des Arts et Métiers de Lille, il suit sa scolarité au lycée technique Baggio où il fréquente l’aumônerie. En terminale, pendant que se déroule le concile Vatican II, se pose la question : prêtre, pourquoi pas ?
Ses parents lui disent : On te mène à un travail, comme tes frères et soeurs ; après tu feras ce que tu voudras.” Les années suivantes, Henri prépare et obtient un diplôme d’ingénieur en textiles tout en fréquentant le séminaire de Merville un week-end par mois.
Suivent un an de séminaire, puis, plutôt qu’un service militaire, trois ans de coopération en Algérie, dans la région de Bejaïa (Bougie), trois ans au séminaire de Lille, pour aboutir à l’ordination.

La prêtrise – l’aumônerie des lycées
Pendant plus de treize ans, Henri s’implique dans l’aumônerie des lycées techniques publics de Lille, et aussi au lycée Ozanam. Il participe à la commission nationale technique des aumôneries de l’enseignement public.
Après une parenthèse à Wavrin, l’évêque le nomme aumônier des lycées techniques de Tourcoing. Pendant la période 1996-2000, l’évêque le nomme aumônier des lycées techniques de Tourcoing. “ Là, je me rends compte que je ne suis plus aussi jeune que je pouvais le croire : pour les élèves, celui qui fixe quelques règles passe pour un vieux ringard” (NDLR : “ringard” n’est pas le mot original).
Manifestement, Henri s’intéresse aux jeunes. Alentour, Henri va regarder ce qui se passe dans les paroisses et participe à “toutes sortes de choses”.

La paroisse
En 1990, nomination à Wavrin. Henri y crée la paroisse nouvelle. Avec l’équipe paroissiale, il y inaugure les funérailles sans prêtre, ce qui fait débat. Il reste là jusqu’en 1996.
En 2000, à Tourcoing, c’est le début de la paroisse nouvelle Saint-Matthieu. Henri en devient le curé. Là encore, on innove avec des funérailles sans eucharistie.
En 2005, transfert à Leers. Là, un seul clocher, une seule commune, une petite aumônerie de collège. Il y travaille sept ans. Au moment d’en partir, il dit aux paroissiens : “Nous avons marché ensemble ; j’ai été content lorsque nous nous sommes rencontrés, connus, reconnus… J’ai essayé de faire en sorte que nous nous sachions accompagnés : notre Dieu ne nous laisse pas seuls. Il nous aime et nous accompagne sur la route de nos vies.”
Les trois dernières années, il accompagne Ludwig séminariste envoyé en insertion dans la paroisse avec lui.

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